Si il y a bien une chose à retenir du public d’Eiffel, c’est qu’il est incroyablement éclectique. Comme pendant leur live au Zénith il y a deux ans, on a pu croiser des jeunes, des enfants, des trentenaires… Des familles entières sont venus redécouvrir les rockeurs français, amenant leurs marmots pour un éveil musical de qualité. En attendant la première partie, les spectateurs discutent et se rencontrent, à l’image des trois fans Marco, William et Benjamin, bien décidés à passer un bon moment.
La première partie, Phoebe Killdeer and the Short Straws chauffe la salle avec talent, à coup de « let’s dance a little bit » et de « rock&roll!! » acclamés du public. Certains messieurs en redemandent même, plutôt touchés par le charme de la chanteuse. C’est donc sans surprise qu’un jeune homme lance un « à poil! »… Phoebe a beau s’exprimer presque uniquement en anglais, elle est né à Antibes… C’est sûr que c’est plus exotique de mettre en avant ses origines australiennes. Avec ses accents rockabilly, le titre Scholar met le feu au Trianon. Un show sexy et assez rock, une chanteuse à la voix profonde, il n’en fallait pas plus pour préparer la foule à un concert de folie (non, on ne s’abaissera à faire de jeu de mot avec « Foule Monstre »)
Sous les acclamations du public, les 4 musiciens d’Eiffel arrivent sur scène, accompagnés par un cinquième membre à l’accordéon. Cheveux un peu fous, anneau à l’oreille, Romain Humeau a toujours ce style très Bertrand Cantat. Enfin, il n’y a pas que l’allure qui semble être emprunté à l’univers du chanteur belge. Ce n’est pas une révélation, mais un concert d’Eiffel ressemble étrangement à un ersatz de Noir Désir. Après 14 ans, voire même 17 si on compte l’époque d’Oobik & The Pucks, il serait peut-être temps que les Humeau & co se détachent un peu plus du sillage de leur idole.
Cela étant dit, la prestation des Eiffel était des plus efficaces. Romain Humeau a fait même quelques efforts quant à l’interaction avec le public. A la fin de Le même train, on a même eu le droit à des petites douceurs : « merci les cochons et cochonnes! ». Avec ça, si on ne se sent pas flatter !
Venus défendre l’album Foule Monstre, c’est tout naturellement qu’ils entament le concert avec Place de mon coeur, un des titres phares de leur dernier opus. On enchaîne ensuite avec Chamade, Frères ennemis ou encore Le Coeur Australie. La partie accordéon était magistralement menée sur Dispersés. Un beau moment, bercés par les paroles poétiques, électrisés par l’énergie rageuse de Romain.
Malheureusement, cette énergie ne se retrouvait pas dans la fosse, où le public était d’un calme ahurissant pour un concert de rock. Malgré leur expérience, les Eiffel n’ont pas réussi à faire exploser une foule pourtant conquise d’avance. Seul vrai moment punshy, le retour de Phoebe Killder, seule cette fois. Elle a accompagné le groupe sur Chaos of myself. Si au début du titre, elle ne faisait que les coeurs, elle a finit par mettre littéralement le feu à la chanson et au public, qui a chanté sur l’ensemble de la chanson. Si c’était une super collaboration, il est dommage que les fans doivent attendre le retour de la première partie pour réellement décoller. Après, compte tenu encore une fois de la diversité des spectateurs, il est peut-être normal que le concert ne se soit pas terminé feu d’artifice rock&roll. A noter tout de même le bon rappel sur Lust of power, co-écrit avec… Bertrand Cantat !
Crédits photo: Thibault Gauthier